Bactériémies à Staphylococcus aureus et risque d’endocardite infectieuse

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Epidémiologie

Staphylococcus aureus est le deuxième agent responsable de bactériémies dans les pays à haut revenu après Escherichia coli. L’incidence des bactériémies à S. aureus (BSA) était estimée à environ 25-30 cas/100 000 personnes-années à la fin des années 2000 dans le registre à base populationnelle danois [1].

L’incidence à la baisse modérée des BSA masque une modification importante du profil de cette maladie, les bactériémies d’origine communautaire devenant plus rares du fait de l’amélioration des conditions de vie et du niveau d’hygiène générale de la population, tandis que les bactériémies liées aux soins, cathéters, hémodialyse, chirurgie… deviennent plus fréquentes du fait du vieillissement de la population et de l’augmentation de la technicité des soins. Actuellement, les bactériémies communautaires représentent environ 30 % des BSA, les bactériémies nosocomiales 50 % et les bactériémies liées aux soins extrahospitaliers 20 % [2]. Les BSA sont plus fréquentes chez l’homme et chez les sujets âgés.

Clinique. Facteurs associés à l’endocardite

Les BSA sont grevées d’une lourde morbidité avec une fréquence de choc septique autour de 15-20 % et une mortalité dans 20-25 % des cas liée en partie aux comorbidités [3]. La gravité intrinsèque de cette maladie est principalement due à la survenue dans 30 à 50 % des cas d’un ou de plusieurs foyers infectieux profonds, réalisant un tableau de bactériémie compliquée dont les formes les plus graves sont les atteintes pulmonaires et cérébroméningées et l’endocardite infectieuse (EI). La fréquence de l’EI au cours des BSA est très variablement estimée entre 5 et 50 % selon les populations étudiées, en moyenne 10 à 15 % dans les séries les plus représentatives.

Actuellement S. aureus est devenu le premier micro-organisme responsable d’EI dans les pays à haut revenu dont la France, comme l’a montré l’analyse de l’enquête multirégionale de 2008 [4], et sa fréquence ne diminue pas et même augmente dans la population des sujets n’ayant pas de cardiopathie [5]. Dans l’étude multicentrique française VIRSTA [2] qui a recruté 2 091 cas de BSA dans 8 hôpitaux universitaires entre 2009 et 2011, la fréquence globale des EI était de 11 % avec des variations très importantes[...]

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À propos de l’auteur

Service des Maladies infectieuses et tropicales, CHU, MONTPELLIER.