“Une chose qui convainc n’est pas vraie pour autant. Elle est seulement convaincante.”
~ F. Nietzsche, La Volonté de puissance.
Un éditorial intitulé “Est-il temps de retirer le diagnostic d’urgence hypertensive ? ” paru en 2023 dans le Journal of the American Heart Association offre l’occasion d’étendre cette série sur les limites de la raison à la réflexion concernant un cadre de pensée. Dans cet éditorial, allant à rebours des recommandations et de la pratique, ses quatre auteurs brésiliens remettent en cause le concept d’urgence hypertensive car il apparaît clairement qu’il n’est pas validé par des preuves. Ces auteurs invitent ainsi à réfléchir hors du cadre admis. Leur éditorial comporte plusieurs réflexions utiles pour la pratique qui serviront de guide à ce billet montrant qu’il est justifié de raisonner hors d’un cadre convenu. En d’autres termes que toute pratique justifie d’être analysée quant à ses fondements.
Qui n’a pas pris en charge un patient traité pour une hypertension artérielle (HTA) depuis plusieurs années et pour lequel le traitement avait débuté lors de la constatation d’une pression artérielle à 170/95 mmHg concomitamment à une épistaxis ou une hémorragie sous-conjonctivale ? Dans nombre de ces situations, le patient qui de fait n’était pas hypertendu est observant car il craint que l’arrêt du traitement ne soit de nouveau associé à une épistaxis ou une hémorragie sous-conjonctivale. Cet exemple est caricatural et n’est pas rare. Il illustre l’inversion de la relation causale entre événement clinique mineur et élévation tensionnelle. Ce que l’on qualifie traditionnellement d’urgence hypertensive relève-t-il du même raisonnement, c’est-à-dire d’une inversion causale ? Il n’est pas possible de l’affirmer mais hautement souhaitable de l’envisager.
Nosologie
Une élévation de la pression artérielle au-delà d’une certaine valeur peut recouvrir de nombreuses situations cliniques donnant lieu à diverses désignations : urgence hypertensive, crise hypertensive, poussée tensionnelle, élévation tensionnelle, hypertension artérielle résistante… Pour la petite histoire (qui illustre ce que l’on appelle le problème des faux-amis), les Anglo-Saxons différencient “hypertensive emergencies” de “hypertensive[...]
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