L’étude DAPA-MI : doit-on prescrire une gliflozine dans la prise en charge des syndromes coronaires aigus ?

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L’étude DAPA-MI : les éléments essentiels

L’étude DAPA-MI montre qu’un inhibiteur de la SGLT2, communément appelé une gliflozine, en l’occurrence la dapagliflozine, améliore le pronostic lorsqu’elle est prescrite précocement dans la prise en charge d’un syndrome coronaire aigu (SCA).

Toutefois, cette étude a évalué un critère primaire comportant de nombreux éléments disparates et d’importance clinique très différente et ne montre pas de bénéfices du traitement concernant les événements cliniques majeurs ; hospitalisation pour insuffisance cardiaque (IC ; HR : 0,83 ; IC 95 % : 0,50-1,39), récidive d’infarctus du myocarde (IDM ; HR : 1,11 ; IC95 % : 0,72-1,71), décès cardiovasculaire (CV ; HR : 1,15 ; IC95 % : 0,66-2,01) et mortalité totale (HR : 1,22 ; IC95 % : 0,77-1,92).

La tolérance globale du traitement a été bonne.

Cette étude a cependant probablement manqué de puissance pour aboutir à des conclusions fiables. D’une part, il avait été prévu d’enrôler 6 400 patients et ce sont finalement 4 017 patients qui ont été randomisés. D’autre part, elle devait évaluer des événements cliniques majeurs mais leur nombre a été relativement faible : 102 décès CV et hospitalisations pour IC (et au total de 50 décès CV, 74 décès, 59 hospitalisations pour IC, 83 IDM) pour 722 événements prévus en matière de décès CV et hospitalisation pour IC. Ceci constitue cependant une potentielle bonne nouvelle en montrant de nouveau que le pronostic de patients ayant un SCA a été nettement amélioré lors des dernières décennies (fort taux de revascularisation et notamment 94 % dans l’étude avec en parallèle un excellent taux d’utilisation des traitements validés comme bénéfiques) et souligne une limite du protocole à identifier des patients de mauvais pronostic, notamment par l’exclusion des diabétiques, des patients ayant des antécédents d’insuffisance cardiaque et, potentiellement, par l’utilisation d’un mauvais marqueur de risque que serait devenue la présence d’une onde Q à l’électrocardiogramme.

La conclusion de l’étude est que, s’il n’y a pas de bénéfice clinique majeur à utiliser une gliflozine dans la prise en charge précoce d’un SCA, en tout cas, pas de bénéfice démontré,[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.